Prébiotiques / Probiotiques : Quelles différences ?

Nouchka SIMIC - Diététicienne Nutritionniste

Prébiotiques / Probiotiques : Quelles différences ?

Avez-vous déjà entendu parler d’eux ? Notre microbiote est de plus en plus étudié et de mieux en mieux connu. Ainsi, la recherche dans le domaine de la nutrition vise à mieux manger et vieillir en meilleure santé en luttant contre les maladies et figurez vous que cela passe également par le maintien d’un bon équilibre de la flore intestinale !

Vous avez peut-être déjà entendu ces termes, mais sans vraiment comprendre ce que signifie vraiment « prébiotiques » et « probiotiques« . Voyons ensemble qui sont ces petits soldats de notre deuxième cerveau j’ai nommé : l’intestin !

Les prébiotiques

Les prébiotiques sont des glucides non assimilables sous forme de fibres végétales. Ces fibres ne sont pas digérées par notre organisme qui les utilisent alors pour stimuler certaines bactéries du microbiote intestinal. Ils sont bénéfiques pour notre santé intestinale et notre santé en général. Les prébiotiques sont le substrat des probiotiques. En quelques sortes, ils les nourrissent et participent donc au bon équilibre de la flore intestinale en favorisant le développement des bactéries probiotiques.

Les probiotiques

Les probiotiques, quant à eux, représentent l’ensemble des bactéries trouvées dans notre tube digestif et plus particulièrement notre intestin. Ce sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, ont un impact positif sur notre santé. Appelés parfois ferments lactiques, ils interagissent avec notre flore intestinale et constituent notre microbiote.

Ces microorganismes assurent le bon fonctionnement du corps au niveau de plusieurs fonctions : transit intestinal, digestion, défense de l’organisme. Il existerait aussi une interaction entre le cerveau et le microbiote mais les études sont encore en cours. De nombreux troubles ou maladies sont susceptibles d’apparaître en cas de déficit : mauvais transit, troubles digestifs, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), diabète de type 2, obésité, cancer colorectal ou encore certaines maladies neurologiques. Une mauvaise alimentation, la prise de certains médicaments ou encore le stress peuvent être des cause de dérèglement de notre microbiote.

Leur influence sur le microbiote et l’organisme

Le microbiote : qu’est ce que c’est ?

Le microbiote, c’est l’ensemble des micro-organismes (probiotiques) qui constituent notre flore intestinale. En faite, ce sont environ 100 000 milliards de bactéries qui peuples nos intestins. Pas loin de 2 kg de micro-organismes qui se baladent dans notre système digestif mais qui pourtant sont indispensables au maintient de l’intégrité de notre immunité (en autres nombreux bénéfices). Le microbiote est propre à chaque individu, au même titre que son patrimoine génétique, que ses empreintes digitales. Nous en avons tous un différent. En fait, nous avons une vingtaine de souches bactériennes en commun et une centaine d’autres qui varient en genre et en nombre en fonction des individus, rendant notre microbiote unique.

Cette adaptation bactérienne a lieu dès votre naissance puisque en fonction de si vous êtes né par voie basse ou par césarienne, vous aurez un microbiote différent. Ainsi, si vous êtes né par voie basse, votre microbiote sera nourri par la flore vaginale tandis que par césarienne il sera directement influencé par la flore de l’environnement (nettement moins riche). De même, le lait maternel accroît le microbiote du bébé. De ce fait vous l’avez compris, votre environnement et votre alimentation vont participer à rendre votre microbiote unique.

Et quels rôles jouent-ils précisément ?

Localisé dans tout le système digestif (hors estomac à cause de l’acidité gastrique qui rend impossible le développement des probiotiques) mais plus particulièrement dans l’intestin grêle et le colon, il abrite comme nous l’avons vu plusieurs billions de bactéries. Voyons ensemble ses rôles :

Les fonctions assurées par les prébiotiques

  • Absorption des minéraux : les fibres végétales vont favoriser l’assimilation des minéraux et donc permettre une meilleure disponibilité et utilisation par notre corps des aliments que nous consommons.
  • Diminution des pertes calciques : ce qui permet de lutter contre l’ostéoporose.
  • Diminution du taux de lipides sanguins et notamment du taux de triglycérides.
  • Stimulation de l’immunité : bon fonctionnement du système immunitaire
  • Régulation du transit : les fibres augmentent le volume et la quantité d’eau des selles ayant un effet laxatif. De plus, leur fermentation entraîne la production de gaz qui accélère le transit digestif des aliments.

Les probiotiques vont permettre :

  • Un rôle barrière : permettent d’éviter la prolifération des bactéries pathogènes, pouvant déclencher des maladies ou des symptômes.
  • La prévention de la porosité intestinale : les probiotiques limitent le passage des « déchets » non digérés vers la circulation sanguine et vers les organes.
  • La synthèse de certaines vitamines du groupe B et de la vitamine K.
  • L’absorption des nutriments.
  • L’activation du système immunitaire.
  • La neutralisation des toxines produites par les germes responsables d’infections intestinales.
  • La régulation de la réponse immunitaire : les probiotiques vont diminuer le risque allergique.

Dans quels aliments les trouve-t-on ?

On les retrouve dans les aliments fermentés.

– Dans les produits laitiers : les yaourts, fromages (particulièrement les persillés : bleu, roquefort, fourme ainsi que ceux à croûte : camembert, brie, saint maure…), et enfin le lait kéfir…

– Dans la levure de bière active

– Dans la choucroute, le poisson fermenté, les préparations à base de fèves de soja fermentées (sauce soja, miso, natto, tempeh, tofu).

– Dans le pain au levain

– Mais aussi dans les olives et les cornichons

L’homme utilise depuis des siècles des produits fermentés contenant ces probiotiques, sur tous les continents. La première bactérie probiotique identifiée a été le Lactobacillus bulgaricus, en 1907, par un scientifique de l’Institut Pasteur.  Il s’agit d’une bactérie probiotique de passage qui n’adhère pas à la paroi intestinale. On la retrouve dans tous les yaourts (sa présence et celle des bactéries Streptoccocus thermophilus sont d’ailleurs requises dans un yaourt pour qu’il puisse être dénommé ainsi).

Attention : le chauffage (pasteurisation, stérilisation…) comme procédé de conservation diminue les effets en probiotique naturel. Rien ne nouveau ! Moins c’est transformé, mieux c’est !  

On peut aussi profiter d’une cure de probiotique sous forme de complément. Une prise de probiotique doit apporter une quantité suffisante de bactéries (au moins 10 milliards) pendant 1 à 2 mois chez l’adulte et 15 à 30 jours chez l’enfant. Bien entendu cette supplémentation n’est efficace qu’uniquement dans le cadre d’une alimentation saine, équilibrée et riche en fibres végétales.

Conclusion : Les prébiotiques et les probiotiques vont permettre à notre corps de lutter plus efficacement contre les éléments pathogènes en renforçant la barrière intestinale. En cas de déséquilibre de la flore intestinale, les « mauvaises bactéries » peuvent pénétrer dans le système. Ils assurent donc l’intégrité de notre système immunitaire. De plus, pré et probiotiques aident le corps à mieux fonctionner en améliorant l’absorption de certains nutriments et en facilitant l’élimination des déchets via la stimulation du transit.

Nouchka SIMIC

 

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